Foot – LDC / PSG – Galatasaray : le hooliganisme français peut-il refaire surface ?

Image via Anadolu Agence AA

Les supporters des deux clubs vont se retrouver à Paris, ce mercredi, 18 ans après les graves incidents ayant émaillés la rencontre entre les deux clubs en 2001.

Cinquante-six blessés dont 7 graves, une sanction de 1 million de francs suisses, 3 matchs de suspension de terrain, tel est le tragique bilan après les événements ayant émaillés la rencontre entre le PSG et Galatasaray le 13 mars 2001.

Actuellement, le Paris-SG est assuré de terminer premier du groupe A avant cette rencontre avec le club turc, mercredi, mais cela n’a pas empêché les autorités locales de classer ce match à haut risque pour les retrouvailles entre les supporters des deux camps.

Le 13 mars 2001, alors que le club de la capitale mène de 2-0 à la 50ème minute de jeu, des supporters parisiens lancent un assaut vers la tribune latéral Boulogne où des centaines de familles franco-turques étaient présentes entre les supporters du PSG.

Des bagarres éclatent un peu partout dans la tribune, les fans turcs venus majoritairement en famille, avec femme et enfants, essayant de se défendre tant bien que mal contre des fanatiques attaquant à coup de ceinture ou barre de fer, devant des forces de sécurité et des stadiers complètement dépassées par les événements.

Certains supporters de Galatasaray ont dû entrer sur la pelouse afin d’échapper aux violents affrontements un peu partout dans la tribune latérale au virage du Kop Boulogne.

Comme l’indique le quotidien Le Parisien, ces actes étaient finalement prémédités par un des leaders des tribunes parisiennes, de la mouvance d’extrême droite et idolâtrant le hooliganisme

Interrogé par le correspondant d’Anadolu, Fatih, le leader du groupe « ultrAslan » en France était déjà présent en 2001 au Parc des Princes : « Oui j’y étais, il y avait un contexte politique assez tendu avec le vote sur la reconnaissance du prétendu génocide arménien… » explique le jeune homme.

Loin de l’esprit revanchard, Fatih explique que « ce temps est révolu ! Depuis que les qataris ont racheté le club, le ménage a été fait dans les tribunes » ce qu’il regrette malgré tout pour l’ambiance du Parc des Princes, même s’il ne les « apprécie pas du tout ».

La seule crainte du franco-turc c’est un guet apens des anciens ultras parisiens en dehors du complexe avant ou après la rencontre, comme cela est arrivé lors de France-Turquie où une famille turque avait été attaquée par des sympathisants de l’organisation terroriste PKK/YPG.

Ces dernières années, le championnat français n’est pas non plus épargné par les multiples incidents, avec notamment les différentes interdictions de déplacement de supporters lors des rencontres entre le PSG et l’Olympique de Marseille, le derby entre Lyon et St-Etienne ou encore à Nice ou Bastia.

Outre les différents problèmes de fanatisme rencontrés en Ligue 1, les supporters français ont toujours voulu en découdre avec les supporters turcs comme en témoignent les incidents lors des matchs en Europa League entre Marseille et le Fenerbahçe au stade vélodrome en novembre 2012, ou encore entre Lyon et Beşiktaş au Groupama Stadium de Décines en Avril 2017.

À chaque confrontation le scénario est quasiment identique, des familles franco-turques ne trouvant pas de billets dans le parcage visiteur officiel, s’installent en famille dans les tribunes au milieu des supporters français, des fans qui sont systématiquement attaqués par des dizaines de fanatiques ayant souvent comme à l’accoutumé prémédités leurs violents assauts.

A Marseille en 2012, dans un stade où les fans du Fenerbahçe étaient en très grand nombre, les ultras de l’OM ont lancé plusieurs fumigènes en direction des visiteurs, des échauffourées qui ont été maîtrisé tant bien que mal par les stadiers présents ce jour là, malgré quelques envahissements de terrain à la mi-temps du match.

En 2017 à Lyon, un groupe se disant de la mouvance antifasciste composé d’environs 200 hooligans du virage sud, ont attaqué, juste avant le coup d’envoi, une tribune latérale où des centaines de supporters français et turcs étaient en place sans incidents particuliers.

Des heurts qui ont retardé la rencontre de plus de 45 minutes, avant que le calme reviennent dans l’enceinte de l’Olympique Lyonnais, où l’on a vécu une scène surréaliste, avec le président du club de Lyon, Jean-Michel Aulas, qui a dû rester avec ses supporters pendant toute la première période de la rencontre pour éviter la suite des débordements.

Jouissant d’un fort lobby au sein des institutions européennes de football, les clubs français ont toujours réussi à tirer leur épingle du jeu en évitant les très lourdes sanctions par l’UEFA, comme une probable disqualification des coupes d’Europe après ces actes de hooliganisme avérés.

Déjà qualifié avant la rencontre contre la formation stambouliote, le Paris-SG a préféré prendre les devants en prenant plusieurs dispositions avec notamment le controle de la vente des billets pour le compte de la 6e journée du groupe A de la Ligue des Champions 2019-2020, une rencontre qui va se dérouler ce mercredi soir au Parc des Princes.

Dix-huit ans après ces tragiques événements, l’idée de revanche dans l’esprit des supporters des deux camps est sans doute encore présente, mais la possible sanction sportive et financière de l’UEFA et de son comité de discipline, ainsi que la proximité des dirigeants avec leurs supporters les plus fanatiques vont sans nul doute, nous l’espérons permettre le bon déroulement de la rencontre comme lors du match aller à Istanbul où aucun incident n’a été déploré.

Source Anadolu Agence AA

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